Le général Gallieni

-  le 15.12.2015  -

Statue du général Gallieni au Musée de la Grande Guerre

Le général Gallieni

Eugène Bénet (1863-1942)

Plâtre

Cette œuvre est exposée au salon des Artistes français en 1920. Son statuaire Eugène Bénet est un ancien élève de l’école nationale des beaux-arts, médaillé d’or au Salon des Artistes Français de 1914 et habitué des commandes publiques.

Elle représente Joseph Gallieni (1849-1916) figure emblématique de la Grande Guerre et particulièrement des batailles de l’Ourcq et de la Marne.

Gallieni prend sa retraite en avril 1914 après une carrière presque exclusivement coloniale outre-mer. Mais après le déclenchement du conflit, il est rappelé et nommé gouverneur militaire de Paris le 26 août par Adolphe Messimy, ministre de la guerre.

Alors que les Allemands approchent et que le gouvernement quitte Paris pour Bordeaux, Gallieni renforce les travaux de défense de la capitale et rassure les Parisiens par une proclamation. Il contribue à la victoire de la Marne, en septembre 1914, grâce à son impulsion énergique et à son initiative pragmatique d’envoyer une partie des renforts à la VIe armée du Général Maunoury (environ 5 000 hommes) par des taxis parisiens réquisitionnés.

Gallieni est élevé à la dignité de Maréchal de France à titre posthume en 1921.

Le général Gallieni

Sculpteur : Eugène Bénet (1863-1942)

Fondeur : Fonderie Rudier

Bronze

En 1920, le sculpteur Eugène Benêt est chargé par le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts d’exécuter la fonte en bronze de sa statue en plâtre de Joseph Gallieni (1849-1916) exposée au salon des Artistes Français.

Elle représente le général Gallieni scrutant le champ de bataille et le déroulement des opérations, sa main gauche ramenée sur le front comme une visière. La main droite tient le képi et une carte d’état-major. Un arbre mutilé au bas de la sculpture symbolise l’invasion et les ravages de la guerre dans l’art statuaire.

A l’origine l’œuvre est prévue pour l’esplanade des Invalides à Paris. Finalement, en 1923 la statue est installée sur une parcelle propriété de la ville située sur la route qui mène de Paris à Meaux à la hauteur de la commune de Trilbardou.

La sculpture est placée sur un granit d’extraction laissé brut, sur lequel est inscrit en relief « La ville de Paris au Maréchal Gallieni ». En effet, en 1921, Gallieni a été élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume.

Après une tentative de vol avortée en 2007, le bronze est mis à l’abri dans les réserves de la ville de Paris tandis que le socle reste sur place.

En 2015, grâce au mécénat de la France Mutualiste et de sa Fondation d’entreprise, les deux pièces sont implantées dans le parc du Musée de la Grande Guerre.

Biographie Gallieni

Sorti de Saint-Cyr en 1870, Joseph Gallieni connaît une carrière presque exclusivement coloniale outre-mer et devient une figure de la conquête coloniale.

En 1911, le général Gallieni est pressenti pour devenir le chef d’état-major général. Mais il refuse le poste pour lequel il favorise la nomination de son ancien subordonné, le général Joffre. Au printemps 1914, il part à la retraite et s’installe dans son domaine viticole du Midi.

Le 25 août, le ministre de la guerre Messimy rappelle Gallieni. Nommé gouverneur militaire de Paris par le président de la République, il poursuit les travaux de défense de la capitale, entrepris dès l’entrée en guerre, pour la transformer en camp retranché. Le 2 septembre, en raison de la foudroyante avancée allemande, le gouvernement se replie à Bordeaux. Gallieni, dégagé de  toutes contrainte politique fait afficher le lendemain sa volonté de défendre « jusqu’au bout » la capitale. Le 3 septembre, à la lecture de renseignements transmis par la reconnaissance aérienne, Gallieni prend connaissance du changement de direction de l’ennemi. L’opportunité est trop belle et il propose à Joffre de lancer une contre-offensive sur l’aile droite marchante de l’armée allemande. Celui-ci, assuré du soutien anglais accepte. Le 5 septembre, Gallieni, sûr de lui attaque l’ennemi de flanc sur l’Ourcq. Et le 6, Joffre ordonne la contre-attaque générale le long d’un front allant de Paris à Verdun. Gallieni fait transporter une partie des renforts (environ 5000 hommes) par des taxis parisiens.

Si elle n’infléchit pas le sort des combats, son initiative s’inscrit de façon pragmatique dans l’expérience coloniale d’un homme habitué aux situations difficiles, aux décisions rapides et au manque de moyens.

Totalement surpris, les Allemands battent en retraite. C’est la victoire de la Marne. Gallieni, par son impulsion énergique, y a apporté une contribution éminente.

Gallieni est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1921.